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Par Xavier Joly, Directeur principal, Conseil en gestion

Pour une autonomisation réaliste des utilisateurs d’affaires

Le paradoxe de la popularité

L’engouement actuel pour les données en entreprise a transformé les équipes de livraison en architectes d’une infrastructure de plus en plus complexe. Face à la multiplication des sources et l’émergence incessante de nouvelles technologies, ces équipes se trouvent sous pression constante, jonglant entre l’intégration technique et les attentes toujours croissantes des utilisateurs métiers.

C’est dans ce contexte qu’émerge la promesse séduisante de l’autonomie des utilisateurs d’affaires, souvent traduite maladroitement par le terme « libre-service ». Une promesse chuchotée qui, bien qu’attrayante en surface, apporte son propre lot de défis et nécessite une réflexion approfondie sur sa mise en œuvre.

L’autonomie par la collaboration

La véritable autonomie d’un utilisateur ne se mesure pas à sa capacité de travailler seul, mais à sa faculté de naviguer efficacement dans un écosystème organisationnel.

Trois piliers fondamentaux soutiennent cette autonomie éclairée :

  • Le réalisme des ambitions : une évaluation honnête des capacités actuelles et des objectifs atteignables ;
  • L’accès à l’expertise : un réseau de ressources et de compétences disponibles pour soutenir le développement continu ;
  • La validation collective : des mécanismes permettant d’assurer la qualité et la pérennité des réalisations ;

Le paradoxe est éloquent : c’est précisément la capacité à collaborer qui rend un utilisateur véritablement autonome. Cette collaboration l’aligne aux pratiques organisationnelles et permet à ses réalisations d’atteindre un niveau de normalisation garant de leur viabilité à long terme.

L’encadrement comme catalyseur

Pour qu’un utilisateur soit véritablement autonome et que son travail génère une valeur ajoutée mesurable pour l’organisation, l’accès à un encadrement structuré et à un accompagnement ciblé sont indispensables. Or, mettre en place une telle structure présente des défis significatifs.

Si l’effort devait être considérable et soutenu dans la durée, le risque de contre-productivité devient réel. Néanmoins, les succès observés ces dernières années dans certaines organisations tracent des pistes prometteuses et justifient la poursuite de cette démarche.

L’intelligence artificielle agentique : un horizon porteur

La montée en maturité de l’intelligence artificielle agentique représente une évolution particulièrement porteuse d’espoir. Cette technologie pourrait bien constituer l’ingrédient manquant de l’équation. Celui qui permettrait d’atteindre une véritable autonomie numérique au sein des lignes d’affaires.

En offrant un accompagnement adaptatif et accessible, l’IA agentique pourrait réduire significativement la charge de l’encadrement humain tout en maintenant, voire en améliorant, la qualité du soutien apporté aux utilisateurs autonomes.

Vers une autonomie éclairée

L’autonomie des utilisateurs en matière de données ne se décrète pas. Elle se construit. Elle nécessite un équilibre délicat entre indépendance et collaboration, entre ambition et réalisme, entre liberté d’action et respect des standards organisationnels.

Le chemin vers cette autonomie éclairée passe par la reconnaissance que l’utilisateur autonome n’est jamais seul. Il évolue au sein d’un écosystème qui lui fournit les garde-fous, l’expertise et la validation nécessaires à la pérennité éventuelle de ses contributions. C’est cette vision collaborative de l’autonomie, soutenue par une véritable intelligence numérique organisationnelle, qui permettra aux entreprises de transformer la promesse d’autonomie des utilisateurs d’affaires en réalité tangible et durable.

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