Femmes en TI : le parcours d’une analyste ECM

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Pour continuer avec les femmes en TI, nous partageons, à travers ce témoignage, le parcours d’une d’entre elles: Margaret Ferguson. Margaret travaille depuis 2016 en tant qu’analyste ECM au sein de notre centre d’excellence Conseil en gestion chez Larochelle Groupe Conseil.

Peux-tu nous décrire rapidement ton parcours?

Je suis arrivée dans les TI par un chemin peu conventionnel. En effet, j’ai commencé ma carrière dans la rédaction de romans, de livres « coffee table » et de textes scolaires. C’est là qu’est né mon intérêt pour les logiciels de graphisme. Le défi de communiquer de l’information et de l’appuyer par différentes formes (textuelles, mais aussi visuelles), afin d’assurer la meilleure compréhension possible aux lecteurs, m’a fascinée. Ce fut une révélation : l’information est omniprésente, peut être communiquée de différentes façons et peut être interprétée complètement différemment d’une personne à l’autre. Je réalisais que les outils informatiques utilisés pour le partage de l’information ne répondaient pas toujours adéquatement aux besoins de l’information.

J’ai ensuite entamé une seconde carrière (promis, j’arrive aux TI!) dans le milieu académique au sein d’un département de psychiatrie transculturelle. J’ai encore été confrontée au défi de trouver le meilleur moyen de communiquer de l’information pour s’assurer de sa bonne compréhension par tous. Pour y parvenir, il a fallu faire preuve de créativité, en utilisant parfois des médias inattendus, jouer à « MacGyver » avec les outils techniques disponibles et analyser les résultats pour en tirer des conclusions.

Une troisième carrière, en tant que bibliothécaire, s’imposa à la suite d’une mutation de poste. Comme quoi une formation conçue à l’origine pour classer et ranger des livres peut très bien servir pour faire du design de système, en particulier pour de l’information structurée et non structurée! J’ai réussi à transformer ce poste traditionnel en tout autre avec un peu d’osmose et beaucoup d’ingérence dans l’équipe de gestion de l’information déjà en place. Je souligne alors cet aspect archi-important de ma relation avec cette première équipe entièrement féminine, et dotée de « vraies » informaticiennes (de formation, oui! et d’expérience), c’est qu’elles ne m’ont jamais déconsidérée ni laissée ressentir que je n’étais pas une « vraie » informaticienne, moi aussi. Par la suite, mes mandats étaient soit en lien indirect avec les TI ou alors concernaient complètement les TI. Par contre, l’objectif, lui, était toujours le même : l’information devait être aussi disponible et fiable que possible.

Quel rôle as-tu dans ton mandat, aujourd’hui, chez Larochelle?

Mon mandat actuel consiste à amener les documents et processus de mes clients dans les nuages (sur Office 365, pour ne pas le nommer). Évidemment, cela implique des changements dans la façon de faire au quotidien, de l’intégration technique, de la créativité avec les systèmes de lignes d’affaires et de la coordination avec de multiples profils TI. Je suis donc en relation avec les développeurs, les gestionnaires de projet et de personnel, les bienveillants de la sécurité de l’information, les architectes de ladite information, et par bonheur, avec plusieurs de mes collègues de Larochelle qui me permettent de me débloquer de certaines situations inattendues.

Donc je travaille avec plusieurs groupes, de plusieurs tailles. Et…oui, bien souvent (mais je tiens à préciser : pas toujours!) je suis la seule femme de la réunion. Je m’y suis habituée, mais je me réveille de temps en temps quand même pour trouver ce constat très bizarre !

Est-ce que le fait d’être une femme dans ta fonction a un impact? Si oui, lequel?

Certes, être femme dans un environnement où l’on se trouve en minorité m’impacte dans mon quotidien. La dynamique d’un groupe, avec une mixité plus représentative, diffère complètement, pour le meilleur et pour le pire d’ailleurs! Est-ce que le fait que je sois une femme influence mon travail et la manière de le faire? Oui sûrement ! Mais je ne saurais l’analyser en distinguant ce qui vient de ma personnalité ou de mon éducation en tant que fille et femme du Québec de la fin du XXe siècle.

Le simple fait d’être femme en TI surprend encore malheureusement. Mais je trouve que cet élément de surprise et de déstabilisation est plutôt utile car il permet d’ouvrir un peu les esprits.

Quel serait le modèle féminin dans le monde des TI qui t’inspire le plus et pourquoi?

Margaret Hamilton! Et pas seulement parce que nous partageons un nom :-) Elle a su faire la transition entre le temps où le TI était administratif et indigne de l’intelligence des ingénieurs à maintenant. Elle a établi des normes de design toujours suivies pour des systèmes ultra-critiques.

À ton avis, quelles sont les qualités que les femmes en TI doivent détenir pour réussir dans le domaine?

En plus de toutes les qualités nécessaires, tous genres confondus, pour réussir dans un environnement toujours en mouvement et avec des attentes pas toujours réalistes, j’ajouterais la capacité et la confiance nécessaire pour faire face et s’imposer quand il faut. Cela a été un de mes plus gros défis sur lequel je travaille encore.

As-tu des conseils à partager pour les femmes qui souhaitent se lancer dans une carrière TI ?

Je soulignerais que différents chemins peuvent mener à une carrière TI. Ce n’est pas réservé uniquement aux dingues du « coding » depuis l’enfance ou ceux avec une formation d’ingénieur, ou bien les deux! Ça aide, mais beaucoup de choses aident! L’important, c’est de ne jamais cesser d’être curieuse : comment les gens travaillent, avec quoi, et pourquoi … J’ajouterai de garder à l’esprit que nous créons des outils pour des personnes, nous ne transformons pas des humains en outils!

D’un côté plus pratique, il faut jouer avec le plus de plateformes possible: bâtir et démolir, et s’accommoder du contexte parfois pas idéal pour produire un chef d’œuvre avec « deux bâtons et du tape ». Ce dernier conseil s’applique d’ailleurs aussi à la vie en général !