L’analyste d’affaires au cœur de la transformation des entreprises

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Par Marie-José Lesage, directrice principale, Conseil en gestion &technologies

Le 27 septembre 2018, l’IIBA tenait sa matinée-conférence sur L’ANALYSTE D’AFFAIRES AU CŒUR DE LA TRANSFORMATION DES ENTREPRISES. Marie-José Lesage qui y a assisté en tant que participante, nous partage à travers ces lignes, un résumé organisé autour des sujets développés par les quatre conférenciers.  

Cette année, le thème de la conférence annuelle de l’IIBA portait sur une pratique émergente, existant depuis 2016, adopté par Google Venture dans son processus d’innovations et Microsoft pour sa transformation numérique de ses processus internes, le Design Thinking.

Conférence #1

Design Sprint et analyse d’affaires: le match parfait en sprint 0, par Marie-Andrée Roger, cofondatrice du Venture Studio la FABRIQUE_A.

Le Design Thinking ne se trouve pas dans le guide SCRUM mais il fait partie des pratiques AGILE. Il diffère du Sprint 0 que certains réalisent pour l’identification complète des besoins, lorsque le temps le permet. Il est en quelque sorte, un raccourci facilitant l’identification du Minimum Viable Product (MVP) ou vecteur de croissance. Il permet ainsi de réduire le risque, entre autres, lorsque le Sprint 0 n’est pas réalisé.

Avant de démarrer le Sprint 1, on expérimente donc le MVP. Le bénéfice? Rapidité d’apprentissage. Le Design Thinking consitue la première étape du processus d’innovation en continu :

Design Thinking : Explore the problem (Inspiration, idéation et implémentation)

+ Lean Startup : Build the right thing (Build, Measure and Learn)

+ AGILE: Build the thing right

Un analyste d’affaires est un artiste, un scientifique et un constructeur. De plus, il possède trois compétences majeures: il est un facilitateur, il apprend rapidement et il possède beaucoup d’empathie.

Le Design Sprint dure de trois à cinq jours et il regroupe une quinzaine de personnes, des techniciens, des analystes, des concepteurs, des experts métiers et des clients potentiels. On peut aussi inviter d’autres personnes pour une heure seulement. Les étapes incluent :

  • Comprendre le problème (il faut de l’empathie)
  • Diverger
  • Décider (groupe normalement formé de huit personnes)
  • « Prétotyper » car ne n’est pas un prototype
  • Valider : entrevue (s) d’une heure avec cinq personnes ou individuelles

Le Design Thinking peut s’appliquer à tout, la culture d’entreprise, un modèle d’affaires, etc. Le Design Thinking n’invente rien, il facilite grâce à un Framework.

Conférence #2

Démystifier l’analyse d’affaires pour aider son évolution : pistes de réflexion par Patrick Tavera, conseiller principal en architecture d’affaires chez Cofomo

Il n’y a actuellement pas de consensus sur les compétences de l’analyste d’affaires. Le discours est confus au sein de la pratique. La perception varie selon les organisations. Aucune définition commune de la pratique n’existe, ce qui engendre des problématiques pour :

  • les praticiens car le rôle est considéré superficiel dans certaines organisations et il n’est pas toujours légitime.
  • les institutions (contenu des programmes universitaires?).
  • la pratique elle-même (adhérence). Les communautés de pratique possèdent des objectifs d’apprentissage; elles visent une compréhension et un but commun.

Dans le cadre d’une maîtrise à l’Université Laval, Patrick Tavera a débuté une recherche en 2016 sur 560 articles scientifiques dont 66 avait une définition. Déjà en 1976, on parlait de l’analyse d’affaires; 50% de ces définitions proviennent des TI et 50%, des autres secteurs (Marketing, etc…). Les 1020 extraits de texte ont été regroupés dans les catégories suivantes :

  • Tâches (exemple : analyse de la concurrence). La gestion du changement est peu ressortie
  • Savoir-faire/ coffre à outils (gestion des exigences, gestion de projet)
  • Savoir-être (communication, facilitateur, écoute active)
  • Rôle
  • Compétences émergentes

L’analyse d’affaires vise l’amélioration de l’efficience. Elle représente donc un processus d’innovation. Elle est présente en Intelligence d’affaires (BI), dans les processus (modélisation) et dans les systèmes d’information (multi-compétences).

J’ai bien aimé cette citation dont je n’ai malheureusement pas l’auteur: « Il faut écouter pour comprendre et non écouter pour répondre »

Pour pallier au fait que l’analyse d’affaires n’appartient ni au TI, ni aux secteur d’affaires, l’IIBA a été formée en 1985.

Conférence #3

De besoins clients à nouveau modèle d’affaires à MVP, par Dr. Alexandre Joyce, conseiller en stratégie et innovation chez DesjardinsLab.

L’analyste d’affaires veut en général proposer la solution complète et il oublie la version -1, -2, etc. Il faut amener le client dans un petit projet pour lui permettre l’apprentissage et l’adhérence de la solution par petits pas. Rappelons-nous que les premières tablettes n’avaient pas de caméras! Nous avons pu mettre en pratique, la matrice MVP que voici :

Exemple d'une matrice MPV

Elle permet de revenir et de comprendre l’essentiel. Elle permet de ne pas réaliser la perfection en partant, du premier coup.

Conférence #4

Transformer notre pratique, par Lisette Dagher. Gestionnaire TI au Intactlab.

Les consommateurs sont de plus en plus exigeants, ils veulent tout trouver en ligne. Pour créer des produits innovants, des ingénieurs logiciels sont jumelés à une équipe Marketing. La conception est d’abord et avant tout concentrée sur l’utilisateur.

 

Cette matinée fut fort instructive. Peu de gens sont au courant du Design Thinking qui se traduit en Design Sprint. Le processus d’innovation continue prend de l’ampleur par les temps qui courent. Il est donc important de comprendre et d’adopter ce concept. Aussi, il est clair que dans un processus d’innovation continue, le rôle de l’analyste d’affaires prend toute son importance.