Témoignage : Le mentorat, un outil de croissance?

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Être mentor? Oui, non, qu’est-ce que cela apporte au fait?

Renée-Isabelle Prévost a vécu l’expérience. Directrice du Conseil en gestion chez Larochelle Groupe Conseil, elle témoigne de son expérience.

En janvier dernier, un collègue me croise et me dit « Mais oui! Je n’y avais pas pensé, mais l’UQAM cherche des mentors pour ses finissants à la maîtrise en gestion de projet. Je fais cela depuis trois ou quatre ans, c’est l’fun. Ça te tente? »

Sans hésiter, je dis oui. Puis, le doute s’est installé : qu’est-ce que j’apporterais à un chargé de projet qui débute? De plus, les projets se ressemblent peu de l’un à l’autre… Serais-je capable de prendre le recul nécessaire pour aider une personne que je connais peu, dans un environnement que je ne connais pas? J’ai quand même décidé de tenter l’expérience, en me disant que je pourrais aller chercher de l’aide auprès de mes collègues au besoin.

La rencontre

 

J’ai discuté brièvement avec la responsable en charge des jumelages. Après quelques questions, elle m’informe d’une rencontre « kick-off » où nous aurons certaines informations concernant les attentes de part et d’autre et où je ferai connaissance de la personne avec qui je formerai une dyade.

À l’heure dite, j’arrive dans les locaux de l’UQAM. Nous sommes une vingtaine, autant de pupilles que de mentors. Je retrouve, parmi les mentors, des personnes que j’ai connues lors de mes études en gestion de projet. Chez les pupilles, il y a une grande majorité de femmes alors que chez les mentors, ce sont surtout des hommes. Je suis heureuse de constater que ma pupille est une jeune femme dynamique, avec une formation en finances et en gestion de projet, qui en sera à son second stage dans une grande institution bancaire où elle est assignée à divers projets. Rapidement, elle me dit qu’elle est très motivée et elle me fait part de ses objectifs pour les prochains mois : développer son sens politique, se trouver un emploi et gérer « ses » projets puisque dans le premier stage elle supportait d’autres chargés de projet. Le courant passe bien : j’aime les gens ambitieux et plein d’énergie.

Nous convenons de nous rencontrer de façon régulière. Puisque nous habitons toutes deux à une extrémité de la ville, que nous avions diverses contraintes les soirs de semaine, nous convenons de faire nos rencontres par Skype, une heure tous les week-ends. C’était pour moi le juste milieu entre des rencontres en personne et les appels. Ce choix s’est avéré judicieux à plusieurs reprises puisque, vous n’en serez pas surpris, le non verbal compte parfois plus que le verbal. Nous complémentions nos appels par des SMS (parfait pour des trucs plus techniques) ou de brefs appels.

La période de mentorat

 

Grâce à sa formation et aux processus qui sont en place dans l’environnement de ma pupille, nos conversations ont très peu touché les aspects « techniques » de la gestion de projet. Lorsque nous discutions les événements de la semaine, nous sommes rapidement passées au sens politique, qui tenait à cœur à ma pupille, et aux aspects de la gestion de projet qui s’apprennent de réflexions.

Ainsi, au fil des semaines, je l’ai aidée à aborder différentes situations. Par exemple, une où son « sponsor » avait été oublié pendant des semaines et où il a découvert bien tard dans le projet que son équipe n’avançait pas dans la direction qu’il souhaitait. Il y a eu des moments où elle se sentait injustement traitée par rapport à certains collègues, où les tâches qui lui avaient été assignées ne lui plaisaient pas. Je l’ai aidée à patienter avant de passer à des projets de plus grande envergure, je l’ai soutenue lorsque la première vague de mise en production d’un « petit » projet qui impliquait un timing parfait de plusieurs équipes pour une mise en production a déraillé. Des choses que de mon côté, j’ai apprises en faisant des erreurs et régulièrement de longues heures. Rarement avons-nous parlé des domaines de la gestion de projet où nous passons le plus d’heures en classe et dans les formations en gestion de projet : gestion du temps, de l’envergure, des estimations, des budgets, etc.

Au final

 

Il est très gratifiant d’aider une personne à prendre du recul face à des situations qui lui semblaient « arriver par surprise », à démêler des situations incompréhensibles, l’aider à identifier quelques pistes de solutions, à faire des plans alternatifs, à identifier sa propre façon d’aborder différentes situations plutôt que de prendre les « recettes ».

L’expérience de mentorat est très enrichissante pour quiconque s’y intéresse. En aidant une personne, ça permet de se questionner à nouveau sur les multiples aspects de notre métier, à identifier de nouveaux objectifs et des pistes d’amélioration. Je recommande fortement le mentorat comme outil de croissance.