La carrière de gestionnaire de projet

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Par Marie-José Lesage, vice-présidente, Conseil en gestion.

Consultante en informatique, j’ai exercé le métier de gestionnaire de projet pendant la majeure partie de ma carrière. Pour plusieurs, l’arrivée de la méthodologie Agile ébranle les fondations mêmes de ce rôle. 

Agile est d’abord et avant tout une méthodologie de livraison pouvant s’appliquer à chacune des étapes d’un projet. Mais c’est le gestionnaire de projet qui, en fin de compte, sera responsable de l’intégration de toutes ces étapes. Il est aussi responsable de gérer le périmètre, le calendrier global du projet, les coûts, la qualité, les ressources humaines, la communication, les risques et les approvisionnements. 

Le gestionnaire de projet requiert de nombreuses qualités faisant partie intégrante de sa personnalité qui lui sont propres et qui lui serviront tout au long de sa carrière. 

Les qualités premières 

L’humilité : pour être en mesure d’écouter attentivement, optimiser l’efficacité et l’efficience d’une équipe et bien gérer les attentes des parties prenantes. 

La rigueur : peu importe l’envergure d’un projet, les dix domaines de connaissance du PMP sont toujours d’actualité : l’intégration, le contenu, les délais, les coûts, la qualité, les ressources humaines, la communication, les risques, les approvisionnements et les parties prenantes. 

Le leadership et la collaboration: il faut être en mesure de collaborer avec son équipe, mais il faut également la diriger. C’est comme pour la famille: à certains moments, il faut porter son chapeau de parents et à d’autres moments, il faut pouvoir servir de confidents. 

La communication :  

  • mieux dit, la complicité avec les parties prenantes, 
  • savoir raconter une histoire :  

o   placer les gens en contexte, expliquer le pourquoi des sujets, préparer les participants et clore sur des approbations et les prochaines étapes, 

o   éviter de surcharger vos présentations : un minimum de mots pour un maximum d’images. 

 

La maîtrise des risques : même si votre projet est un succès, tant qu’il n’est pas terminé, la concrétisation d’un risque peut s’avérer mortelle. Soyez donc alerte en tout temps. 

Le chef d’orchestre : Le gestionnaire de projet est un chef d’orchestre à la seule différence près qu’il n’obtiendra jamais la gloire de Kent Nagano et de Yannick Nézet-Séguin! C’est l’équipe qui l’obtiendra et si tout va mal, c’est lui qu’on pointera et non l’équipe! 

Le cheminement humain ou ce qui nous définit comme gestionnaire de projet 

Chacun possède sa façon de réagir à son environnement, d’exprimer ses émotions et d’entrer en relation avec les autres. Cela dépend entre autres de : 

  • Notre tempérament, présent dès la naissance et déterminé génétiquement, bien qu’il puisse aussi être influencé par le milieu familial et social.  
  • Notre personnalité qui se développe au fil du temps, influencée par : 

o   notre milieu familial, 

o   notre entourage, 

o   nos expériences de vie, 

o   la société. 

Qui suis-je?  

  • Le « Myers-Briggs type indicator (Mbti) » décrit 16 types psychologiques issus de travaux initiés dans les années 1910 par Carl Gustav Jung (1875-1961), psychiatre suisse disciple de Freud et poursuivis aux États-Unis pendant plus de 40 ans par Isabel Briggs Myers (1897-1979) et sa mère, Katherine Cook Briggs. Beaucoup d’écoles l’utilisent pour leurs conseils d’orientation et c’est l’indicateur le plus utilisé au monde; 
  • La roue Insights discovery, basée sur la théorie du psychologue Carl Gustav Jung, propose une typologie de la personnalité fondée sur le principe des circuits fermés, qui soutient donc que nous nous définissons autant par ce que nous sommes, que par ce que nous ne sommes pas. Elle met de l’avant des préférences plutôt que des traits de personnalité statiques; 
  • Le quotient d’intelligence relationnelle (Q.I.R.) donne le % d’ouverture et de fermeture face à autrui. 

 

D’un point de vue très personnel 

J’ai toujours aimé la gestion de projets pour le plaisir : 

  • d’inventer, de créer, 
  • d’organiser, 
  • d’échanger, 
  • de résoudre, 
  • de concrétiser, 
  • de réussir à mettre en relation des éléments complexes et de sentir que les gens en ressortent grandis à travers les embûches que ça occasionne, 
  • de relever un défi, 
  • d’apprendre, 
  • de me déstabiliser. 

En conclusion, la confiance en soi 

Je cite Michelle Obama : « L’échec est un sentiment, bien avant d’être une réalité. C’est le fruit de la combinaison entre la vulnérabilité et le manque de confiance en soi qu’aggrave ensuite, souvent délibérément, la peur ». 

Pour gérer des projets, il faut avoir le goût du risque et pour terminer sur cette dernière remarque, je cite Richard Branson qui a fondé Virgin Group aux U.S. qui détient 400 compagnies. Dès son jeune âge, il voulait être entrepreneur. Voici sa citation : 

“If somebody offers you an amazing opportunity but you are not sure you can do it, say yes – then learn how to do it later!”.